Cap à l’est 5/5

Cap à l’est 5/5

Jour 5 : Augsburg – Gray – Saint-André

C’est déjà le dernier jour de l’aventure. Un léger sentiment de nostalgie s’installe alors que nous mettons le cap vers l’ouest. Il est difficile de ne pas penser au moment où nous repasserons sur la fréquence 118.980 de Saint-André, signe que le voyage touchera définitivement à sa fin. Mais, pour l’heure, il faut rester concentrés : deux
étapes nous attendent encore.


Côté météo, rien de particulier à signaler. Le ciel est dégagé, mais la chaleur s’annonce déjà écrasante. Nous avons donc choisi de partir tôt afin d’éviter les conditions les plus pénibles de l’après-midi, notamment sur la dernière branche du retour.


En repassant par la gare d’Augsburg, nous achetons rapidement quelques sandwichs avant de reprendre un taxi en direction de l’aérodrome. À notre arrivée, il fait déjà très chaud et le terrain semble complètement désert. Nous sommes un peu en avance : l’aérodrome ouvre à 9 heures et il n’est que 8 h 40. Après une quinzaine de minutes d’attente, les premiers mouvements apparaissent enfin. Les portes s’ouvrent, nous
pouvons accéder au tarmac.

Notre avion est là, prêt à reprendre la route de la maison.
Le départ se déroule dans un calme absolu. Le dernier plan de vol est activé et nous traversons l’Allemagne avec une facilité presque déconcertante. Le paysage défile sous nos ailes tandis que nous passons au sud d’Ulm, ville qui vit naître Albert Einstein en 1879. Plus loin apparaissent Fribourg puis Bâle, tandis que la voix de Zurich Information nous accompagne durant cette portion du vol.

La Forêt-Noire constitue la dernière barrière naturelle avant le Rhin. Quelques minutes plus tard, nous franchissons le fleuve : nous voici de retour en France.

Nous poursuivons ensuite vers Belfort puis Besançon. Les conditions sont excellentes, la visibilité est remarquable et la navigation ne présente aucune difficulté, confirmation est faite auprès du SIV qu’aucune zone n’est active devant nous. Gray n’est désormais plus qu’à quelques minutes. Étant en parfaites conditions VMC, nous pouvons clôturer notre plan de vol.

À environ trois minutes du terrain, nous annonçons notre arrivée sur la fréquence d’auto-information. Contre toute attente, une voix nous répond immédiatement. « Je vous invite à poursuivre votre route. Le terrain va fermer : des gens du voyage sont en train de s’installer sur la plateforme. »
Surpris, nous demandons confirmation, pensant avoir mal compris. La réponse est sans équivoque. Nous effectuons une verticale du terrain afin de constater la situation par nous-mêmes. En effet, de nombreuses caravanes occupent déjà une partie de l’aérodrome.

La scène est aussi improbable que sidérante. C’est une situation que l’on n’imagine pas vraiment lors de la préparation d’un voyage, mais qui rappelle une règle essentielle en aviation : ne jamais décoller avec uniquement le carburant nécessaire pour rejoindre sa destination. Les réserves réglementaires existent précisément pour faire face à ce type d’imprévu. Nous aurions certes pu rentrer directement à Saint-André, mais nous comptions également faire une véritable pause avant la dernière étape.


Nous décidons donc de poursuivre vers Dijon-Longvic, situé à une dizaine de minutes de vol seulement. Le contrôleur du SIV, informé de notre changement de destination, ne nous demande rien de particulier, si ce n’est de confirmer si notre plan de vol doit être rouvert.

L’arrivée à Dijon se déroule sans histoire. Après avoir naturellement refait le plein de l’avion, nous pouvons enfin profiter des sandwichs achetés le matin même. Cette escale fait également ressurgir un souvenir : celui de notre passage ici lors du Tour des Alpes, deux ans plus tôt, et de la mémorable anecdote avec la douane, racontée sur le site du CASA.


Il est maintenant temps d’entamer la toute dernière étape du voyage.
La chaleur est désormais bien installée. Tant que nous restons à basse altitude, l’atmosphère est particulièrement agitée et l’avion est péniblement secoué par les ascendances thermiques. Nous choisissons donc de monter au FL065 afin de retrouver un air beaucoup plus stable, du moins jusqu’à l’approche des espaces aériens parisiens.

Comme souvent en cette saison, les turbulences reviennent dès l’amorce de la descente. L’air est instable et nous accompagne ainsi jusqu’aux environs de notre destination.
Les points tournants familiers réapparaissent les uns après les autres : Épernon, puis Dreux. Enfin, au loin, se dessine le célèbre silo de Saint-André. Cette fois, il n’y a plus de doute : nous sommes bien rentrés.


Les cartes sont déjà jetées sur la plage arrière. Psychologiquement, le voyage est terminé. Pourtant, c’est précisément à cet instant qu’il faut rester particulièrement vigilant. La fin d’un périple est souvent propice à une baisse de vigilance. En aviation, tant que l’avion n’est pas arrêté, moteur coupé et rangé dans son hangar,
rien n’est jamais complètement terminé.
Heureusement, tout se déroule parfaitement. Le club est particulièrement calme à notre arrivée. Seul un Jodel s’apprête à partir pour un vol d’instruction, comme une scène ordinaire qui contraste avec les près de quinze heures de navigation que nous venons d’accomplir en cinq jours et les 7 pays survolés.

Avant de refermer cette parenthèse, l’avion a bien mérité un lavage complet. Une dernière attention pour celui qui nous a fidèlement accompagnés tout au long de cette belle aventure, concluant ainsi un nouveau voyage riche en découvertes, en anecdotes et en souvenirs.

Retour d’expérience de Franck

Ce qui fait la réussite d’un tel voyage ? En dehors d’une météo parfaite et d’un avion bien entretenu, je dirais 3 choses :

  • Les destinations choisies qui nous ont permis d’allier plaisir du vol, du pilotage et tourismes dans des lieux animées. Il est très agréable après la découverte des monuments emblématiques d’une ville , de se reposer à la terrasse d’un café en buvant un Apfelsaftschorle
  • La préparation du voyage. Quel plaisir de voir se réaliser sans encombre des navigations Méthodiquement et méticuleusement préparées il y a plusieurs mois de cela. C’est du travail, du temps, mais ce n’est que reproduire sur une plus grande échelle, ce que votre instructeur vous avez appris pour préparer une navigation « St André – Deauville »,
  • et puis l’essentiel : la très bonne entente avec votre coéquipier que ce soit en vol, au sol (visite, hôtel, restaurant …), même s’il fait chaud, que vous êtes fatigué. C’est toujours avec grand plaisir que je vole en confiance avec Nicolas loin de la Normandie et que nous découvrons les spécialités culinaires locales.
    Un inconvénient ? Oui, il y en a un. Cela génère de la dette. Pas de la dette financière, mais de la dette de « voyage » Quand vous rentrez à la maison et que vous décrivez à votre épouse tous les beaux endroits que vous avez visités sans elle, il vient très vite la question « Et nous deux, nous y allons quand ?’

Retour d’expérience de Nicolas

Quel bonheur de voir arriver les dates choisies en début d’année pour le voyage !


Cette année, nous avons opté pour la sécurité météorologique en nous tournant vers l’Europe centrale, généralement sujette aux anticyclones et aux fortes chaleurs. Pas de « petites » escales, puisque nous dormions chaque soir dans une capitale, nationale ou régionale (Munich).
Mais le contrat a été largement rempli ! De beaux paysages, un déroulement sans encombre et une bonne entente au sein de l’équipage, fondamentale à la réussite d’une telle aventure.
Merci à Franck pour son engagement, qui permet la concrétisation d’une telle sortie, ainsi qu’au CASA pour sa confiance, renouvelée chaque année, qui nous permet de partir avec l’avion si « loin ».


Laissons gentiment 2026 se terminer avant de repenser à la prochaine étape pour l’été 2027 !

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