Une histoire qui semblait oubliée…

Une histoire qui semblait oubliée…

Tout est parti d’une vieille photo noir et blanc, jaunie par le temps. Prise durant la deuxième guerre mondiale, deux femmes et un homme y posaient devant une maison.

Mickaël Perier est originaire de la région de Saint André de l’Eure. Il vit actuellement au Laos.

Il savait que l’homme sur le cliché était un aviateur canadien abattu durant l’été 1944, caché à Batigny par la famille Glanard, ses grands-parents. Peu d’indices, juste un prénom : Anthony.

Il voulut en savoir plus et contacta le CASA début octobre. Robert Schoirfer et Michel Viguier, deux andrésiens passionnés par l’histoire locale durant le deuxième conflit mondial, apportèrent leur aide.

Quelques jours plus tard, le ciel s’éclaircissait. Les pièces du puzzle s’assemblaient…

Tout commença le 25 juillet 1944. Anthony Vernon Hargreaves décolla du terrain B7 de Martragny, entre Bayeux et Caen, pour une reconnaissance armée de la région d’Evreux.

Aux commandes de son P51D, il engagea le combat contre une douzaine de chasseurs allemands Focke-Wulf 190. Son avion sévèrement touché, il dut sauter en parachute au Nord-Est de Saint André. Au sol, il fut immédiatement caché par des paysans français travaillant dans leur champ. Ceux-ci évitèrent sa capture en orientant la patrouille allemande le recherchant dans une autre direction.

A Saint Germain de Fresnay, Jean Fleury le confia à André Confais, membre d’un réseau de résistance. Blessé à la main gauche, Raoul Moriceau, alors instituteur du village et futur fondateur du CASA, le soigna puis lui fournit des vêtements civils.

Le gendarme Adrien Menier le conduisit ensuite en camion jusqu’à Saint André. Il passa les deux jours suivants au 46 place Aristide Briand, chez Françoise Duguay. Il fallait éviter d’attirer l’attention des Allemands. Le pilote se cacha ensuite à Batigny, dans la ferme de Marcel Glanard, l’arrière grand-père de Mickaël, puis aux Authieux, dans la ferme de la famille Cadic.

En août, il partit pour le Fidelaire, près de Conches, chez Marcel Lorient. Anthony fraternisa avec le Lieutenant D.W. Vogel, pilote américain dans la même situation que lui. Ils étaient en tout 18 pilotes alliés, sous la protection de René Deduit, responsable d’un réseau de Résistance.

Anthony a ainsi pu échapper à la captivité grâce au courage de ces Normands !


Anthony Vernon Hargreaves pilotait un Spitfire MK IX avant le P51D

Les recherches historiques, menées par Mickaël Périer, lui ont également permis d’entrer en contact avec le fils d’Anthony Hargreaves. Ils projettent de se retrouver en 2022 à Saint André. La municipalité et le CASA seront parties prenantes de cette évènement.

Bibliographie :

France crashes 39-45 (https://francecrashes39-45.net/)

Escape lines (http://www.conscript-heroes.com/escapelines/index.htm)

Forced Landing (https://forcedlanding.pagesperso-orange.fr/)

Souvenirs de guerre de Pierre Lagacé (https://mpierrela.wordpress.com/)

One thought on “Une histoire qui semblait oubliée…

  1. Il fallait en avoir pour engagé le combat contre tous ces fock wulf 190, meme si le P51 etait un bon chasseur, c’était du suicide, merci pour cet article riche en souvenir, ne pas oublier

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